Inclusion sociale et professionnelle

Innovation… pour lutter contre l’exclusion

Les innovations sociales et technologiques sont étroitement liées et peuvent apporter une réponse aux problématiques d’exclusion dues notamment au handicap ou à la maladie. Le développement des outils numériques par exemple permet d’envisager de grandes innovations sociales. Mais il existe des freins importants au développement de cette innovation, à commencer par le problème du financement – le nerf de la guerre -, avec des collectivités territoriales rendues frileuses en raison de leurs contraintes budgétaires. Le poids de la réglementation (juridique, fiscale, sociale) constitue également un facteur non négligeable d’entrave à l’innovation. Pour lever ces freins, il est indispensable que les associations travaillent ensemble, en réseau, pour mutualiser leurs ressources et co-construire des solutions innovantes.

Marie-Hélène Faure-Farman, responsable de missions auprès de l'association GPMA (décembre 2016)

rapportinnovation

RRI et Le Rameau ont dressé un état des lieux des innovations sociales et technologiques en France au bénéfice du handicap et de la maladie. Pour consulter cette étude, commandée par l’association GPMA, cliquez sur l’image.

Lutte contre l’exclusion

RRI a demandé à quatre spécialistes quelle était selon eux la question centrale de la lutte contre l’exclusion.

La problématique centrale, c’est le regard. Il faut changer de regard, regarder les situations d’exclusion en se disant qu’on pourrait être concerné. Il faut un regard de fraternité parce que ça peut arriver à tout le monde et que ce n’est la faute de personne. Il faut changer de vocabulaire aussi, arrêter de parler d’assistanat, de personnes qui refusent de travailler ou qui ont raté leur vie. Il faut éviter tous ces jugements négatifs qui ne conduisent nulle part, si ce n’est à l’exclusion.

François Soulage, ancien responsable du Secours Catholique de 2008 à 2014, président du Collectif Alerte (juin 2015)

La priorité devrait être la lutte contre les inégalités sociales et territoriales. En matière de santé publique, on sait que moins les écarts entre les populations sont importants, meilleur est l’état de santé global. Il faut simplifier urgemment l’accès au droit à la santé et rendre la médecine de proximité plus efficace. (juin 2015)

Jean-François Corty, directeur des Opérations France de Médecins du Monde (juin 2015)

La question essentielle est celle de la formation initiale. Des milliers de jeunes sortent chaque année du système scolaire sans aucune qualification. C’est un terrible handicap. En ce qui concerne la formation tout au long de la vie, on continue en France à former majoritairement des gens déjà formés et on a du mal à former ceux qui ne le sont pas. Les efforts en la matière sont insuffisants car il y a des secteurs d’activité où subsistent des besoins en recrutement non couverts.

Olivier Dupuis, secrétaire général de la Fédération des entreprises d'insertion (juin 2015)

Le coeur du problème réside dans le fait que l’Etat providence a atteint ses limites. C’est à la société elle-même, aux communes, aux entreprises, aux partenaires sociaux de prendre le relais. La participation sociale des personnes exclues est désormais l’affaire de tous. Pas uniquement des associations mais de tous les acteurs de la vie économique. Chacun doit prendre sa part.

Jérôme Vignon, président de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (juin 2015)