Livre blanc « Aidants en entreprises »

Aller vers l’inclusion professionnelle des aidants

Pourquoi un livre blanc ?

Au-delà des chiffres, nous avons souhaité proposer un outil. Qui aide à mieux connaitre le sujet. Qui aide les entreprises à se sentir moins isolées ou démunies face à cet enjeu. Qui aide celles et ceux qui ont besoin d’un rapide panorama juridique. Un outil qui aide à sensibiliser autour de soi.

Baromètre Aider et Travailler

Retrouver ici les principaux chiffres du Baromètre Aider et Travailler 2017 réalisé par Révélateur de Richesses Immatérielles et ses partenaires : Agevillage, La Compagnie des Aidants, La Lab RH, La Maison des Aidants et Olystic.

Témoignages

Rejoigner le groupe LinkedIn « Aider et Travailler » ICI

Le Laboratoire collectif des acteurs de l’innovation RH

Le Lab Rh soutien le programme « Aider et travailler » car c’est en créant les conditions propres à l’épanouissement de chacun que l’on pourra créer une société plus innovante et bienveillante. En soutenant ce programme, Le Lab RH se réjouit également de pouvoir démontrer que l’innovation n’est pas que technique ou numérique. Elle est avant tout humaine. Ce projet démontre pour Le Lab RH que les sciences humaines sont un point d’entrée de l’innovation puissant. C’est pourquoi nous sommes heureux d’apporter notre concours au programme « Aider et Travailler ».

Sandrine, 45 ans, employée dans un grand groupe français et maman d’un jeune garçon de 11 ans, né… beaucoup trop tôt !

Ah bon, il faut faire la grève de la faim pour avoir un entretien avec sa hiérarchie quand on est aidant !?

Heureusement, pas pour tout le monde !
Mais c’est tout de même ce par quoi Sandrine a dû passer pour réussir à se faire entendre de sa hiérarchie au moment où la santé de son fils se dégradait et qu’il lui fallut aménager d’urgence son temps de travail, comme la loi l’y autorise.
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C’est certain, Sandrine, ne se sent pas aidante, elle se dit simplement maman ! Cependant, comme près de 4 millions de personnes (+/-20% de la population active) elle est aidante* et travaille.

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En plus de son emploi, elle a même un autre « petit boulot » le soir et le week-end pour contribuer àprendre en charge une partie de 560€ de soins mensuels nécessaires à la réalisation des soins de son fils. Mais quand on lui parle, elle trouve qu’elle a de la chance de disposer d’un emploi et de pouvoir vendre quelques créations de couture qui ont « leurs petits succès ».
Pourtant, quand on cherche à comprendre la situation de Sandrine, on comprend vite qu’elle « confond » chance et optimisme ! Car il s’agit bien de cela, de l’optimisme, Sandrine est habitée par un esprit résolument positif, malgré des moments de vie professionnelle compliqués.

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Ayant la garde de son fils, et face à l’évolution de l’état de santé de celui-ci, Sandrine a été confrontée à la complexité de la gestion de l’organisation des soins tout en gardant son emploi. Elle interpelle son employeur pour aménager ses horaires, mais reste sans réponse. Elle fait appel aux syndicats, à l’assistance sociale, à la médecine du travail et tout le monde en parle, mais rien ne bouge.
Et puis un matin, un vendredi matin, après avoir longuement réfléchit, et n’ayant toujours pas de réponse de sa hiérarchie malgré ses demandes répétées -durant 6 mois-, elle informe son employeur que faute de réponse pour sa demande d’entretien, elle cesse toute alimentation… Ce n’est qu’à partir de là que les choses ont commencé à bouger !

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Aujourd’hui, la situation est apaisée et Sandrine peut bénéficier de ses droits et prendre les 8 jours par mois nécessaires à la réalisation des soins de son fils. Mais au travail, les relations ne se limitent pas à la hiérarchie et même si elle met de côté les collègues qui lui font des remarques sur ses absences, elle culpabilise pour ceux qui comprennent sa situation, mais qui doivent absorber la surcharge de travail liée à ses absences non remplacées.

J’ai bien conscience que ma situation impacte mes collègues et mon employeur et j’aimerai que l’on puisse trouver des solutions prenant en compte les considérations de chacun.

Marcel, 56 ans, cadre administratif dans une grande banque française. Aidant de son petit frère, puis de sa maman

Un collaborateur impliqué, à l’instar de sa hiérarchie !

Marcel n’avait pas conscience d’être un aidant, il était simplement un fils et un grand frère qui a apporté son aide pendant 6 ans. C’est à l’occasion de la visite de forums portant sur les problématiques de santé et de sa rencontre avec un groupe d’aidants, dont il fait désormais partie, qu’il se rendra compte de son « statut » d’aidant.

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Marcel se considère chanceux d’avoir eu une hiérarchie et des collègues compréhensifs et ouverts à propos de sa situation d’aidant. Il a bien conscience qu’il représentait une grande difficulté pour l’organisation quotidienne du travail de l’équipe, puisqu’il ne savait jamais s’il pourrait se rendre à son travail le jour suivant. Et c’est une chose qu’on ne lui a jamais reprochée ! « Une véritable chance », comme dit Marcel !

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Une véritable chance ? Non, car ce n’est que lorsque que Marcel a eu expliqué la complexité de sa vie d’aidant, qu’il a vu se désamorcer les tensions et a fait changer l’image que son équipe avait de lui. L’image d’un collaborateur et d’un collègue démotivé et souvent absent. Ce fut l’occasion de faire tomber les idées reçues de ses collègues, mais aussi pour lui de se «déculpabiliser» pour ses absences et ses départs précipités.

Mais tout ceci n’a pas été sans revoir les modes de travail de toute l’équipe. Une véritable petite révolution. Marcel s’est vu attribué la charge des dossiers à traiter sur le long terme, ceux avec de longs délais. Et ses collègues, les dossiers à court et moyen termes, qui ne pouvaient souffrir de retard. Tout le monde y a trouvé son compte, Marcel n’avait plus le sentiment d’être un poids pour son équipe et celle-ci ne travaillait plus à traiter au dernier moment les dossiers urgents laissés en suspend par Marcel, à cause d’une absence inopinée.

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Bien que sa hiérarchie et ses collègues furent attentifs à sa situation, il n’en reste pas moins que ces derniers ne disposaient pas de levier plus global de la part de leur entreprise pour aider à l’accompagnement de l’équipe au regard de la situation de Marcel. Cette défaillance de l’entreprise a amené Marcel à voir sa santé se dégrader, parce que celui-ci avait transformé sa reconnaissance envers ses collègues en un engagement sans faille pour son travail. Or, il aurait pu en être autrement, car outre sa responsabilité sociétale, l’entreprise doit prévenir le stress professionnel & les risques psychosociaux (cf. risques physiques et prévention en matière de santé mentale).

« Malgré toutes ces difficultés, j’ai été chanceux d’avoir été entouré par une telle équipe ! Il faudrait que chaque aidant en activité professionnelle soit soutenu.